Comprendre le vaginisme pour le surmonter

Le vaginisme est une contraction involontaire des muscles du périnée qui rend la pénétration impossible. Ce trouble concernerait environ 1 à 3% des femmes. Marion Pollono, kiné spécialiste du périnée et sexologue nous en dit plus. 

Le vaginisme est un trouble fréquent et pourtant parfois encore méconnu. Des solutions existent mais encore faut-il oser en parler, être orientée vers les bon.nes professionnel.ele.s et comprendre ce qui se passe dans son corps. 

Le vaginisme est à dissocier des dyspareunies, qui sont des douleurs liées à la pénétration.

Le vaginisme : qu’est-ce que c’est ? 

« On parle de vaginisme lorsqu’il y une impossibilité de pénétration liée à une hypercontraction périnéale », entame Marion Pollono. La kiné spécialiste du périnée précise qu’il faut distinguer le vaginisme primaire et secondaire. Dans le premier cas, il n’y a jamais eu de pénétration. 

Dans le cadre du vaginisme secondaire, la pénétration a été possible par le passé mais ne l’est plus. 

Le vaginisme peut concerner uniquement l’acte sexuel (il est alors situationnel) ou plus largement, l’introduction d’un tampon ou d’un doigt est également impossible, tout comme un examen gynécologique (on parle alors de vaginisme global). 

Les causes du vaginisme 

Les causes du vaginisme peuvent être multiples et varient en fonction du type de vaginisme. 

« Dans le vaginisme primaire "phobique", la peur de la douleur est au premier plan chez ces femmes qui souffrent très souvent d'un manque d'information quant à leur propre sexe et sa représentation, l'idée d'un vagin beaucoup trop petit pour accueillir le pénis de l'homme est quasi-constante », détaille le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). 

« Il s’agit de femmes plutôt jeunes, dans la découverte de la sexualité,  qui n’ont jamais eu de pénétration, très souvent la cause est psychologique, on recense plusieurs pistes : 

  • une fusion mère-fille, qui empêche la femme de s’identifier en tant que femme sexuelle ; 
  • des conflits de loyauté, le partenaire ne correspond aux critères de la famille, à l’éducation reçue (différence religieuse par exemple) 
  • La peur du masculin, de la pénétration, de maladies, d’une grossesse…  

Cela entraine une non identification dans le schéma corporel du creux vaginal. La femme n’a pas conscience de pouvoir être pénétrée. C’est comme si on lui proposait de mettre un stylo dans l’oreille, elle a l’idée que c’est fermé, trop petit. Et elle a encore moins l’idée de faire de ce creux vaginal quelque chose de lié au sexe et au plaisir. Ce n’est pas intégré dans le schéma sexuel », explique Marion Pollono. 

Quant au vaginisme secondaire il est « souvent lié à des douleurs ou traumatismes psychologiques, ou encore des problèmes avec le partenaire etc. », précise la kiné et sexologue. Pour parler de vaginisme il faut néanmoins que le problème soit installé depuis un moment, une impossibilité de pénétration temporaire sur une courte durée ne sera pas considérée comme telle (mais ça n’empêche pas d’en parler à un.e professionnel.le de santé pour comprendre). 

L’impact du vaginisme dans la vie sentimentale de la femme 

Chaque femme qui souffre de vaginisme n’aura pas la même vie sentimentale et donc les répercussions, notamment psychologiques, ne seront pas les mêmes. « Chez les femmes vaginiques il peut y avoir différentes typologies : certaines restent célibataires à cause de ce symptôme car elles appréhendent, d’autres femmes sont en couple avec leur partenaire et ont une sexualité adaptée hors pénétration qui va très bien. Ces couples consultent lorsqu’ils ont un projet d’enfant. Dernier cas, il y a des couples sans sexualité ou avec conflit conjugal et il peut y avoir des partenaires qui se posent des questions, ou ont des symptômes en miroir à ce trouble : dysfonctionnement érectile, éjaculation prématurée… », décrit Marion Pollono. Avant de rassurer : « beaucoup d’hommes sont bienveillants, dans l’écoute et s’adaptent. J’en vois tous les jours ! » 

Quels sont les traitements ? 

Le vaginisme n’est pas une fatalité. Si vous pensez être concernée, commencez à en parler avec votre gynécologue ou sage-femme. Votre médecin pourra ensuite vous orienter vers les professionnel.le.s adapté.e.s. Cela peut passer par une thérapie pour explorer des événements qui pourraient expliquer ce trouble. Consulter un.e sexologue peut aussi être utile, que ce soit seule ou à deux. 

« Cette approche psychologique est intéressante et peut parfois suffire mais en majorité ce ne sera pas le cas, il y a problème d’identification du schéma corporel, il faut identifier le symptôme, bien expliquer l’anatomie, et procéder à une éducation thérapeutique sur des planches anatomiques », explique Marion Pollono qui conseille un travail de la patiente avec un.e kiné spécialisé.e ou sage-femme, par le biais de différents exercices. « On peut utiliser une sonde ou à l'aide d'un travail manuel pour relâcher le périnée, il existe différentes techniques. Le travail avec les dilatateurs est particulièrement intéressant, il va aider à progressivement étirer, assouplir la zone. Et on va automatiser le geste de relâchement avant la pénétration, alors que souvent la zone est complètement verrouillées. Elles vont prendre conscience de la possibilité de pénétration du creux vaginal. Pour cela, il faut leur faire introduire elles-mêmes le dilatateur. Cela va aider à vaincre leur peur, gagner confiance en elles, être rassurées », poursuit la spécialiste. 

Nous avions publié un témoignage intime de l'une de nos abonnées qui nous a raconté (non sans humour) comment elle a réussi à sortir de son vaginisme en plusieurs étapes. A ne pas rater, sous aucun prétexte !

Comment ré-apprivoiser sa sexualité ? 

Une fois n’est pas coutume, la communication est la clé pour apprivoiser sa sexualité à nouveau. Ouvrir le dialogue avec son ou sa partenaire est essentiel. S’informer à deux sur ce qu’est le vaginisme permettra à chacun de comprendre que ce n’est pas une remise en question du couple et qu’il est possible de surmonter ce problème ensemble. « Cela nécessite de communiquer avec son partenaire, d’arriver à entourer la pénétration d’un contexte sexuel, ce qui n’est jamais le cas en cabinet. Cela permet de réintégrer trois éléments essentiels : excitation, lubrification et vascularisation dans le processus. Ensuite, il s’agira d’introduire progressivement la pénétration, le partenaire a un rôle à jouer, il peut commencer par introduire un doigt, entourer ce geste d’excitation, donner des caresses hors pénétration… L’hypnose ou la sophrologie peuvent être intéressantes pour entourer ce moment de pensées positives. » Tout cela se fait toujours avec le consentement des deux, bien évidemment et si vous ressentez que c’est trop, physiquement ou émotionnellement, vous arrêtez tout ! Ce n’est pas parce qu’on y arrive pas du premier coup qu’il faut perdre espoir. Prenez le temps qu’il faudra, prenez soin de vous. 


Nina Ristori 


Sources : 

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