“Comment utiliser des sextoys m’a permis d’accepter mon corps”

Stéphanie, 33 ans, nous explique comment se faire du bien en solo l’a aidée à s’aimer physiquement. Un témoignage ultra-inspirant qui, à quelques jours de la Saint-Valentin, donne des idées.


“J’ai 33 ans et jusqu’à mes 28 ans, je n’aimais pas mon corps. J’avais toujours un truc à lui reprocher. Trop de ci, pas assez de ça, des vergetures ici, de la cellulite là. 


Rien d’original malheureusement, et des réflexions qui avaient sûrement le don, au-delà de me miner le moral, d’agacer mon entourage tellement elles débordaient dans nos conversations. Personne ne m’a jamais reproché d’être aussi dure avec moi-même, parce que j’ai la chance d’avoir une bande de copines géniales et bienveillantes, seulement je savais que cette autocritique permanente pesait. Sur mes relations avec les autres d’une part, mais surtout sur ma confiance en moi. 


En 2016, ça ne faisait pas très longtemps qu’un sextoy aujourd’hui hyper connu avait commencé à apparaître sur le marché. Et pas très longtemps non plus qu’on normalisait l’utilisation de l’objet en général. Enfin, dans mes cercles privés à moi, en tout cas. C’est mon amie Clara qui m’a raconté l’avoir testé la première. Elle n’en revenait de la sensation que ça lui procurait au niveau du clitoris. Il faut dire que les mecs avec qui elle était sortie n’avaient pas l’air de trop vouloir s’attarder sur son plaisir. 


Je ne me souviens pas exactement de tout ce qu’elle m’a dit, mais juste d’une phrase : ‘depuis que j’ai ce truc, je passe ma vie à me faire l’amour’.”


“Confronter les complexes que je m’imposais”


“‘Me faire l’amour’. Ces mots ont résonné dans ma tête un bon moment. Comme si avoir du désir pour soi-même, ou en l’occurrence, pour moi-même, était une idée qui ne m’avait jamais traversé l’esprit. Ma première réaction a été un peu épidermique, un mélange de stigmatisation intériorisée de la masturbation féminine et de méconnaissance de la façon dont je devrais m’y prendre. Classique. Et puis, petit à petit, je me suis demandé ce que ça pourrait donner si, moi aussi, je me faisais du bien comme Clara. 


En tête-à-tête avec ma silhouette, confronter les complexes que je m’imposais et que je subissais depuis des lustres. Finir par chérir mon corps, le caresser, le faire jouir. L’idée devenait de plus en plus convaincante. Un jour, j’ai décidé de passer le pas et de concrétiser ce qui avait tourné au fantasme. J’ai acheté un ‘suceur à clito’, comme l’appelait mon amie en rigolant, sur un site qui en recensait des dizaines et sans vraiment comprendre ce dans quoi j’investissais. 


Le paquet est arrivé chez mon gardien un vendredi, je m’en rappelle encore. Et d’ailleurs je rougis rien qu’en repensant au film que je m’étais fait avant d’aller le récupérer, comme quoi Frank, mon gardien, aurait forcément deviné ce qu’il y avait dedans. Je ne sais pas ce que j’imaginais - peut-être que le sextoy aurait été envoyé dans un énorme colis en forme de gode, allez savoir - mais évidemment, il n’en a jamais rien su. D’une part parce qu’il s’en foutait royalement, de l’autre parce que le carton était on ne peut plus banal.”


“Est-ce que je devais garder ma culotte ?”


“Le soir-même, j’ai déballé le petit modèle que je m’étais offert et je l’ai placé sur mon lit. Je l’observais un peu comme un OVNI ; je ne savais pas par où commencer. Est-ce que je devais absolument être nue ? Garder ma culotte ? Mettre une lumière d’ambiance ? Du lubrifiant ? Le laver avant utilisation ? Lire la notice ? Aller me coucher, le cacher dans mon tiroir à sous-vêtements et ne plus jamais en parler ? 


Je me suis remémorer les mots de Clara. ‘Me faire l’amour’. Je me suis dit que même si l’expérience foirait complètement, ça ne pouvait pas être négatif. Et j’aurais un truc à raconter la prochaine fois qu’on se verrait. Alors j’ai lentement glissé le sextoy sur ma vulve, à la recherche du spot clitoridien parfait, des effets orgasmiques qu’elle m’avait vantés. 


Au bout de quelques tentatives plus ou moins fructueuses, j’y suis parvenue.


“Une sensation de puissance”


Après quelques jours, j’ai voulu recommencer. Plus je m’accordais ces moments privilégiés - à raison d’une fois par semaine je dirais - plus je voyais mon corps sous un autre angle. Celui d’un vaisseau qui peut me procurer un plaisir dingue. Plus un ennemi, mais un allié. J’ai ressenti une sensation de puissance, aussi. 


J’apprenais à accepter ce qui me dérangeait et à porter l’accent sur toutes les parties qui me plaisaient. Ça n’a pas été immédiat, mais ce qui est clair, c’est que ce changement s’est amorcé en même temps que ma découverte de tous ces accessoires - de marques et zones de stimulation différentes - dont je ne peux plus me passer désormais (rires)


Cinq ans plus tard, je connais chaque recoin de ma peau par cœur et je sais exactement comment atteindre l’orgasme, que je ‘me fasse l’amour’ ou que je sois accompagnée. Et cette confiance en moi se répercute sur mes relations amoureuses, sans hésiter. J’ai même adopté un autre rituel, en plus de la masturbation avec un sextoy : celui de me prendre en photo nue. 


Pas pour les envoyer, mais pour les garder précieusement pour moi. Pour me rappeler le chemin que j’ai parcouru, pour en être fière, et pour continuer de me trouver belle et puissante. 


Parce que je le suis.”

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