"Notre vie sexuelle était inexistante jusqu'à ce qu'on tente la masturbation mutuelle"

Après un passage à vide sexuel, Anna*, 35 ans, nous raconte “l’ingrédient magique” qui a redonné du souffle à son couple, au lit comme dans la vie.


“Je suis en couple avec la même personne depuis plus de 8 ans maintenant. Notre rencontre est assez classique : au bar de mon quartier un soir de trop de téquila. Nos regards se sont croisés (un peu troubles d’abord je dois dire) et on s’est plu. On a immédiatement accroché d’un point de vue intellectuel et émotionnel. Au lit en revanche, ça n’a pas tout de suite été l’extase. 


Autant être honnête : on a mis un peu de temps avant de trouver ce qui nous faisait du bien à l’un comme à l’autre. On était jeune et pas vraiment expérimenté·e·s, alors on a pris ça comme un apprentissage. Et ça a marché. 


Au bout de quelques mois d’essais, de nouvelles techniques, de guidage pour l’aider à mieux trouver mon clitoris (rires), je jouissais presque à chaque fois, on dépassait même de temps en temps les dix minutes d’ébats ! Notre relation a toujours été tendre, complice. Il y a toujours eu beaucoup d’amour entre nous. Mais ça ne veut pas dire qu’on n’est pas passé·e·s par des phases de remise en question douloureuses.”


“J’avais envie d’avoir envie”


“La dernière, la plus grosse, date de 2019. Un an auparavant, on avait eu notre petit garçon, Hugo, né au printemps 2018. Déjà pendant la grossesse, ma libido n’était pas au top, mais je mettais ça sur le compte des hormones sans trop essayer de changer quoique ce soit. Sauf que ça s’est installé. Longtemps. 


A tel point qu’en août 2019, à quelques jours des vacances, mon mec a mis devant mes yeux un bilan qui m’a fait flipper : en six mois, on avait fait l’amour 5 fois. Et ça ne me manquait pas. Le soir, je préférais sans hésiter me faire trois épisodes d’une mauvaise série policière en mangeant des Pépitos, que de glisser sous la couette pour tenter de raviver la flamme. 


Lui n’en pouvait plus. Il avait associé cette absence de désir à une absence d’attirance et finalement, d’amour. Je l’ai rassuré et j’ai surtout réalisé que moi aussi, je voulais que ça revienne. Que j’avais envie d’avoir envie. De retrouver la sensation au bas du ventre, les frissons quand je l’imaginais me prendre sur le plan de travail à l’improviste en rentrant des courses. Tout ce qui avait déserté mon esprit avec l’arrivée de l’enfant, en gros. Et peut-être un peu avec les années de relation stable, aussi.”


“J’ai commencé à me caresser en face de lui”


“Il m’a dit ‘il faut qu’on trouve un moyen, j’ai l’impression qu’on s’éloigne, qu’on devient des colocs’”. Ça m'a fait un déclic. Alors on s’est mis au boulot. On a tenté les positions énumérées dans les magazines féminins pour ‘pimenter’ notre sexualité, les lieux insolites, les bougies, les menottes… C’était sympa, on s’est marré, mais pas vraiment une réussite. A vrai dire, j’envisageais ça plus comme des devoirs. Je ne me suis jamais forcée, mais il me fallait un peu de temps pour me mettre dans l’ambiance et être excitée.


Un soir, on s’est mis au lit tôt pour discuter, et la conversation a viré au sujet de nos fantasmes. Il m’a confié qu’il aimerait bien me regarder me masturber. Juste observer, sans me toucher. J’ai trouvé ça un peu bizarre. J’étais presque gênée de me faire du bien devant l’homme de ma vie. Comme si ça restait interdit, ou alors trop privé pour le partager. 


Devant mon hésitation, il m’a proposé de faire pareil. ‘Comme ça tu seras plus détendue, tu penseras moins au fait que je te regarde’, a-t-il dit. Je me suis dit que foutu pour foutu, on pouvait bien tenter ça. On s’est assis·e·s l’un en face de l’autre en tailleur. J’ai commencé à me caresser, à glisser mes doigts sur mon clitoris, doucement puis plus intensément, pendant que lui a mis les siens autour de son sexe. J’évitais son regard que je sentais sur moi… jusqu’à ce que je me prenne au jeu. 


“Une connexion qui dépasse le cul”


“Plus je le fixais dans les yeux, plus j’avais envie de lui alors qu’il ne me touchait même pas. Je ne saurais pas comment décrire cette sensation, mais c’est comme si à ce moment-là, on avait fait le vide autour de nous. C’était plus que sexuel. L’intensité, l’intimité que la masturbation mutuelle nous a apporté a recréé une connexion qui dépasse le cul je dirais. Même si au bout de cinq minutes on se sautait dessus (rires). 


Ou plutôt c’est moi, qui lui ai sauté dessus. J’avais d’un coup super envie que ce soit lui qui me fasse jouir, qu’il entre en moi, qu’il me retourne. Bref ! Tout un tas d’images me sont passées en tête et j’ai pas attendu une seconde de plus avant de passer à l’acte.


Avec du recul aujourd’hui, soit un peu plus de deux ans après cette fameuse nuit, je dirais que cette expérience a participé à faire renaître une alchimie qui avait quasi disparu. Et puis le désir chez moi. Je pense que voir la façon dont il se caresse, dont je me caresse, a donné une dimension encore plus spéciale à ces moments. C’est devenu notre truc, notre ingrédient magique. On sait comment se faire du bien, et avoir ce pouvoir sur son excitation sans même le frôler me rend dingue. 


Je ne dis pas qu’on est passé·e·s de 5 rapports en 6 mois à 5 par semaine bien sûr, mais notre rythme a petit à petit repris une fréquence qui nous convient à tous les deux. Et surtout, ce rituel, même si on n’y a pas recours à chaque fois, a impacté positivement notre complicité. Sûrement parce qu’on s’est littéralement mis à nu l’un devant l’autre, parce qu’on a pris le temps de se voir vraiment. 


J’ai l’impression que depuis que notre vie sexuelle a repris du souffle, on est plus attentionné·e·s, plus bienveillant·e·s. On a retrouvé une relation amoureuse privilégiée à deux, en plus de notre dynamique de parents avec Hugo. Et après quasi 10 ans à s’aimer, clairement, ça change tout.”

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