Se reconnecter à son corps et ses désirs en post-partum ? Mission pas si impossible

SUR L'OREILLER : Entre bouleversement hormonal et besoin d’adaptation à un quotidien inédit, le post-partum impacte bien souvent notre libido. Voici quelques pistes pour s’y retrouver. 

C’est l’effet secondaire qu’on n’évoque pas. Ou en tout cas, pas assez pour qu’on puisse s’y préparer. Après neuf mois de grossesse et un accouchement qui ont mis notre corps, ce temple, en vrac, on accueille une nouvelle réalité : notre désir aussi, a pris un sacré coup. Et la petite flamme de libido qu’on tentait déjà de maintenir en vie jadis a été réduite à quasi néant.

Car soyons honnêtes, avant de tomber enceinte, l’ambiance n’était pas vraiment à la fougue sexuelle. Ça fait déjà un petit moment que les envies des débuts se sont évaporées au profit de soirées télé devant Koh Lanta. Des rendez-vous qui n’ont rien de négatif - loin de là, on les attend même avec impatience - mais qui peuvent participer à installer une routine difficile à bousculer.

Ajoutez à cela la peur de la douleur (d’autant plus présente post-épisiotomie), la difficile dissociation entre la mère et l’amante, les hormones… Et l’idée d’enfin se reconnecter à son intimité nous apparaît comme un doux mirage. C'est là qu’on intervient.

Rituels et repossession de soi

Avant toute chose, une question : cette situation nous dérange-t-elle réellement, ou souffre-t-on simplement de l’injonction sociétale à la performance et au sexe fréquent ? Dans les deux cas, des solutions existent. 

Lorsqu’on le vit sans encombre, il y a urgence à se laisser tranquille. Si l’on veut renouer avec les frissons d’avant en revanche, quelques rituels peuvent aider. 

En couple, ça passe par réinsuffler un vent de séduction qui a tendance à manquer. Oublier quelques instants que notre relation est plus rythmée par les réveils nocturnes pour cause de dents que par des câlins brûlants, et prendre un·e baby-sitter deux soirs par mois.

S’imposer de n’être qu’en amoureux·se·s l’espace de plusieurs heures. Se détendre, se retrouver, s’écouter. Et ne pas rentrer trop tard pour poursuivre la nuit au lit, encouragé·e·s par l’atmosphère festive et romantique de la soirée.

Sous la couette, explorer, à travers nos propres caresses ou celles de l’autre, notre vulve, nos seins, notre clitoris, la sensation de sa peau contre la nôtre. Y aller à notre rythme, en mettant des mots sur nos envies immédiates. Lui évoquer ces fantasmes qu’on garde dans un coin de la tête, guider sa main, sentir sous souffle au creux de notre cou et s’abandonner dans ses bras. Ne pas oublier le lubrifiant, qui accompagnera avec délicatesse la pénétration, si l'envie d'une pénétration revient, peut-être dans un second temps. De son pénis, de ses doigts. D’un sextoy qu’on intègre aux ébats.

Ou alors, se le réserver rien que pour soi, cet objet-là. Pour se chérir, se regarder, se parcourir. Se (re)découvrir. S’en remettre aux pouvoirs renversants d’un vibro connecté ou d'un stimulateur clitoridien dont l'efficacité n'est plus à prouver. Seule, et puissante.

Travailler aussi la tonicité de son périnée, en s’en remettant à des exercices élaborés par des professionnel·le·s de santé. Un plancher pelvien musclé permet, entre autres bienfaits, d’accroître son propre plaisir. Comment ça marche ? Après consultation (indispensable) pour s’assurer qu’on est conscient·e de notre anatomie, on “porte” des boules de geisha (ou Kegel) adaptées au capacité de notre corps 20 minutes par jour. 

De quoi nous convaincre sans mal de reprendre, en douceur et avec patience, on insiste, possession de ce nouveau corps. Et finalement, de renaître en se faisant du bien.

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