Vulve, lèvres, poils, odeur : pourquoi certaines femmes complexent-elles ?

Toutes les vulves sont belles. Ce message fleurit sur les réseaux sociaux et fait du bien ! Mais force est de constater que si c’est une phrase que l’on a besoin d’entendre, c’est pour pallier d’importants complexes ressentis par nombre de femmes au sujet de leur intimité. Presque 4 femmes sur 10 se sentent complexées par leurs parties intimes*. Source de souffrances, ces complexes peuvent non seulement impacter leur sexualité, mais aussi pousser certaines à la chirurgie sans raison apparente. 

La connaissance de son corps est un élément essentiel pour prendre du plaisir mais également pour accepter et aimer son image. De nombreuses femmes ont développé des complexes à propos de leur vulve, dus à une image fausse et standardisée véhiculée par la société. Pourtant, de même qu’on ne chausse pas toutes du 38, on n’a pas toutes la même vulve, fort heureusement. Il s'avère même que comme les dessous de bras, il n'y a pas de hiérarchisation de beauté ni de norme sur cette partie de nos corps : OUI, toutes les vulves sont belles.

Anatomie de la vulve 

On appelle vulve l’ensemble des organes génitaux externes de la femmes. Elle composée de plusieurs partie : 

  • Le pubis (aussi appelé Mont de Vénus) ; 
  • Les lèvres externes (appelés grandes lèvres) ;
  • Les lèvres internes ou nymphes (appelés petites lèvres) ;
  • L’urètre et méat urinaire (orifice urétral) ; 
  • L’orifice vaginal. 

vulve lèvres

 

Avant, on parlait de petites et grandes lèvres, ce qui a pu être la cause de complexes pour certaines femmes chez qui les proportions sont inversées. En réalité, c’est simplement le terme qui est mal adapté et non les lèvres qui sont anormales. Taille, forme, couleur, asymétrie, pilosité… L'aspect et l'anatomie du sexe varie d'une personne à l'autre, d'une origine ethnique à une autre (au risque de se répéter, la seule norme c'est son propre corps, pas celui des autres !). 

Le livre Jouissance Club de l’autrice Jüne Pla sera très utile pour mieux connaître ton anatomie.

La labioplastie : pour qui, pour quoi ? 

La labioplastie, aussi appelée nymphoplastie, est une intervention chirurgicale qui consiste à modifier la taille des lèvres externes ou internes, soit pour les augmenter, soit pour les diminuer. Ces interventions se déroulent sous anesthésie locale la plupart du temps. 

Cette chirurgie peut être réparatrice si la taille des lèvres est source de gêne au quotidien, notamment dans la pratique sportive ou la sexualité. Mais il y a un essor de demandes de ce type d’intervention à visée esthétique. Les patientes sont souvent jeunes et complexées par leur vulve qui ne correspond pas à ce qu’elles pensent (à tord, on l’a déjà dit) être une norme car représentée comme telle dans l’opinion publique. Mis en cause, le porno bien sûr, mais pas seulement, toute la culture médiatique participe à ces clichés de manière insidieuse (coucou la télé réalité). 

L’âge moyen des femmes qui y ont recours serait de 32 ans. “En France, les premiers chiffres, que nous révélons, montrent que 4600 femmes, de tout âge, ont eu recours à ces opérations en 2016 contre 193 600 dans le monde”, peut-on lire dans Le Parisien. Attention, cette intervention n’est pas dénuée de risques puisqu’elle peut notamment être responsable d’une diminution de son plaisir. 

Aucune injonction sur la chirurgie esthétique et même si elle n'est pas motivée par des raisons de santé. Il est tout à fait OK de ne pas avoir la force de surmonter ces complexes, et d'y avoir recours. Mais si le nombre d'opérations est en hausse sans raison médicale, alors il est nécessaire d'en parler pour éviter justement ces démarches qui ne sont évidemment pas une partie de plaisir, en propageant du "bodypositivisme vulvaire" (et on hésite pas à partager !)  

Vulve et complexes : et le sexe oral dans tout ça ? 

Si la fellation est parfaitement intégrée dans la sexualité masculine, le cunni est parfois difficile à apprécier pleinement. En effet, pas évident de s’abandonner au plaisir lorsque son esprit est bloqué sur un complexe. On prend conscience que la personne qui donne ses meilleurs coups de langue a une vision plongeante sur notre intimité, et si on n’est déjà pas très à l’aise avec cette partie de soi, ça peut être déstabilisant. Et quel dommage de devoir se soucier de ces détails en plein milieu d'un moment censé être dédié au lâché-prise et au bien-être ultime ! 

Au delà de l’esthétique, lorsqu'on parle de sexe oral, le mythe de la femme qui doit sentir la fleur en permanence est tenace. Non, vous n’allez pas sentir l’âne du désert si votre douche remonte à quelques heures et non votre sexe n’est pas entièrement dénué d’odeur non plus mais c’est normal : on vit, on transpire. Il faut l’accepter et ne pas tomber dans une spirale d’hygiène excessive qui risquerait de déséquilibrer votre flore vaginale plus qu’autre chose.

Et quitte à parler d'odeur, parlons poils (on est plus à ça près). Le porno mainstream à partir des années 2000 montre des corps aseptisés, normés et imberbes. Quelle tristesse et surtout quelle déconnexion avec la réalité ! Les poils, premièrement c'est naturel, et deuxièmement, c'est comme tout, mon corps, mon choix. Vous faîtes ce que vous voulez, et si l'autre n'est pas content, tant pis pour lui. Bien sûr, on ne peut pas forcer quelqu'un à faire un acte sexuel sans consentement (enthousiaste !), donc discutez-en et la solution apparaîtra. Quoiqu'il en soit, il n'y a pas de complexes à avoir sur les poils on a tous et toutes une pilosité différente. Poils bruns, blonds, blanc, poils fins, drus, poils partout, ou ticket de métro, frisés ou pas de poils, le choix, c'est la vie. 

Se réapproprier sa vulve 

Il n’est pas facile de se débarrasser d’un complexe, et lire ces quelques lignes ne réglera peut-être pas toutes vos préoccupations. Mais heureusement, la société évolue. Encore une fois, les réseaux sociaux ont leur rôle à jouer dans cette ode à la vulve. Des comptes sur Instagram, comme the Vulva Gallery, s’attèlent à représenter tous les types de vulves. Les média féminins grand public reprennent aussi ce message comme on peut le voir sur le compte de Fraîches ou encore Au féminin.

Une dose de réalité, ça fait du bien ! 

 

Maintenant que notre propos est bien argumenté : NOTRE VULVE EST BELLE ET TOUT A FAIT NORMALE, attardons-nous sur la suite logique de cette réflexion : comment lui donner de l’amour ? On peut se réapproprier son corps de plein de façons.

  • S’observer dans un miroir, avec un regard bienveillant, en se focalisant sur des pensées positives.
  • Identifier chacune des parties de son anatomie, plus l'on se connait, plus on s'accepte.
  • Utiliser ses mains, se caresser, rechercher du plaisir (nul besoin de re-vanter les bienfaits de la masturbation) ou simplement un moment de douceur avec soi-même. 

On peut aussi transformer sa vulve en oeuvre d'art grâce à Gazelle Body Art qui réalise des moulages des parties intimes des femmes. Le compte Instagram de cette artiste géniale s'appelle vulve_décomplexee, en voici un exemple :

 

 

On peut évidemment aussi utiliser un sextoy, les stimulateurs clitoridiens sont des alliés redoutables pour identifier cette zone comme un endroit de plaisir intense. 


Bird, le stimulateur clitoridien qui nous émerveille.

Enfin, il est capital de communiquer avec son ou sa partenaire. Tous les témoignages de complexes sur la vulves ont souvent été atténués grâce à un ou une partenaire bienveillant.e qui accueille ce lourd secret avec tact et le retourne en compliment sans concession. Et on se rendra également vite compte que l’autre n’a pas grand chose à faire de ces détails sur nos vulves, que c’est bien notre personne dans son intégralité qui le ou la séduit, l’excite. Mais vous pouvez aussi accorder plus d’importance aux compliments et mots doux pendant vos ébats, cela vous aidera à vous sentir belle et en confiance. Même si le plus beau compliment que l'on peut faire à une vulve, c’est de la trouver belle soi-même ! 


Nina Ristori 

* Sources : Étude réalisée pour Nana – Campagne Viva La Vulva - Essity Intimate Care Survey, en août 2018 en France auprès de 1 033 femmes 

 

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